• (image trouvée sur le site :

    http://lumiereeternel.centerblog.net)

     

    "Je ne suis pas intéressé par ce que tu fais pour vivre.
     

    Je veux savoir ce qui brûle en toi et si tu oses rêver la réalisation de ce que tu portes dans le coeur.
     

    Je ne suis pas intéressé par ton âge.
    Je veux savoir si tu prends le risque de passer pour un fou au nom de l'amour, de tes rêves et de l'aventure qu'est la vie.
     

    Je ne suis pas intéressé à savoir quelles planètes sont en carré avec la lune.
     

    Je veux savoir si tu as touché le centre de la tristesse, si tu as été ouvert aux trahisons de la vie ou si tu es devenu endurci et fermé par peur d'une peine prochaine.
     

    Je veux savoir si tu peux t'asseoir avec la douleur, la mienne ou la tienne, sans bouger pour la cacher, l'amoindrir ou l'arrêter.
     

    Je veux savoir si tu peux être dans la joie, la mienne ou la tienne, si tu peux danser avec ferveur et laisser l'extase te remplir complètement, jusqu'au bout de tes doigts et de tes orteils, sans me dire de faire attention, d'être réaliste et de ne pas oublier les limites de l'être humain.
     

    Je ne suis pas intéressé à savoir si ce que tu me dis est vrai, je veux savoir si tu es prêt à décevoir les autres pour rester vrai avec toi-même et si tu peux supporter d'être accusé de trahison

    et ne pas trahir ton âme.
     

     

    Je veux savoir si tu peux être fidèle et donc digne de confiance, je veux savoir si tu peux voir la beauté même lorsque ce n'est pas tous les jours bien joli et si tu nourris ta vie à la Source de Sa Présence.
     

    Je veux savoir si tu peux vivre avec des échecs, les miens ou les tiens et pourtant continuer à te tenir debout au bord du lac en criant comme la pleine lune argentée : OUI !
     

    Je ne suis pas intéressé à savoir où tu vis et combien tu gagnes.
     

    Je veux savoir si tu peux te réveiller après une nuit de chagrin et de désespoir, de lassitude ou de douleur et faire ce qui doit être fait pour les enfants
     

     

    Je ne suis pas intéressé à savoir qui tu es et comme tu es venu jusqu'ici.
     

     

    Je veux savoir si tu peux te tenir au milieu du feu avec moi et ne pas te dérober.
     

    Je ne suis pas intéressé à savoir ce que tu as appris, où tu l'as appris et qui te l'a enseigné.
     

    Je veux savoir ce qui te nourrit de l'intérieur lorsque tout s'effondre autour de toi.
     

    Je veux savoir si tu peux rester avec toi-même et si tu jouis vraiment de ta propre compagnie dans ces moments de vide".

                                                                                                       

    Par ORIAH Mountain Dreamer


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  • il y a dix ans, l’abbé Pierre nous quittait. Personnalité préférée des Français dans les années 2000, il avait réussi à entretenir l’élan de solidarité auquel il avait donné naissance en 1954. Si « la voix des sans-voix » s’est éteinte, la « guerre à la misère » s’est toujours poursuivie. Citoyens, Collectifs, associations… depuis 2007, la relève n’a pas faibli, comme autant d’échos de son Appel.

     
    « On nous aide beaucoup et comme ça, on a une vie presque normale. 6 ans après avoir fui l’Arménie, je ne manque de rien ici et mes enfants sont à l’abri. » Père de 3 enfants, V. vit à Rodez dans un appartement avec sa famille et ses parents. Après avoir vécu deux ans en foyer dans 7 m2, la route de l’exil l’a mené avec les siens jusqu’à l’association « Jamais sans Toit », en 2015. Depuis, ses 3 enfants sont scolarisés, lui et sa femme sont bénévoles à plein temps. Peintre en bâtiment, il a participé à la rénovation de la salle de spectacle locale et refait entièrement avec son père le logement qu’ils occupent. « En 2 mois, c’est devenu chez nous. Ici, même si ça n’est pas mon pays, j’ai des amis. Sans amis, on ne peut pas avoir d’espoir. Et je dois donner de l’espoir à ma femme et mes enfants. » Monsieur V. relève ce défi au quotidien grâce aux bénévoles de l’association qui l’accompagnent, tout comme les 15 autres familles étrangères installées dans les villes alentour. Ils sont environ 400 à apporter leur soutien financier à l’association et parmi eux, une centaine donne également du temps. « Notre idée est simple. On ne peut pas laisser des familles sur le bord de la route et le 115 n’est pas une solution pérenne. Il faut pouvoir se poser pour reconstruire sa vie », explique Claude Ollive, l’un des animateurs de « Jamais sans Toit ».

     

    Depuis 2 ans, les dons permettent à cette petite association de louer à des prix très abordables, des logements que lui proposent particuliers, associations, mairies et paroisses. Loyer, charges, transport… il faut environ 800 euros/mois pour accompagner une famille avec 3 enfants. À Marcillac, Decazeville ou Espalion, l’association a prouvé que l’équation était possible et la Fondation apporte son soutien. « On a montré qu’on était rigoureux dans notre gestion et que nous étions motivés. Avant chaque installation, nous constituons une équipe qui accompagne, c’est primordial. » Des groupes de travail sont constitués pour entourer au mieux les familles. « Cela nous implique beaucoup. Il faut réfléchir à la façon dont on leur parle, les conseiller pour gérer un logement, un budget. Et ne pas les laisser dans l’assistanat, les aider à s’impliquer dans la vie locale. »

     
    Vivre ensemble

    Zoé, bénévole de la première heure, passe presque chaque jour rendre visite à E., une jeune maman russe de 3 enfants qui pourrait être sa fille. La famille vit à Nuces, tout près de Rodez, dans un logement rénové entièrement : « Ils ont fait tous les travaux et le jardin est cultivé, il y a même un poulailler maintenant. Ils m’apportent énormément, ils sont presque devenus ma famille. Il faut vivre de tels échanges ! » En toute confiance, E. prend la parole à son tour : « Je me suis occupée d’un vieux monsieur de 95 ans pendant 7 mois, j’ai fait la cuisine, le ménage… sa fille, très reconnaissante m’a donné du travail », avoue-t-elle discrètement. « À chaque fois, nous cherchons à favoriser le dialogue et non pas le repli sur soi. » Aujourd’hui, l’entraide aux familles est devenue une réalité partagée bien au-delà des membres de l’association. « Des élans de toutes sortes viennent de tous bords. Mairies ou citoyens, nous avons toutes les étiquettes ! » De la signature des baux jusqu’à l’apprentissage de la langue, la solidarité tisse sa toile aveyronnaise sans que la puissance publique n’intervienne. Il y a une raison à cela : « Nous ne sommes pas dans le laissez-faire mais dans le “faire avec” responsable » ajoute Claude Ollive (photo ci-dessus).

     

    Plus au sud, dans les quartiers aujourd’hui huppés de Marseille, une bâtisse du XVIIIe siècle accueille depuis le 17 octobre dernier quelques compagnons Emmaüs et bientôt 2 familles réfugiées de guerre. Dans cette ville de migrations vieille de 2 600 ans, où les extrémismes grandissent, le combat de l’Abbé se poursuit : « Nous avons restauré la fermette pour loger ceux qui souffrent. Nous voulons accueillir sans condition, comme il le faisait. Nous avons une assistante sociale à temps plein sur la communauté et un psychologue chaque lundi. On peut donc faire du soutien psychologique pour les personnes traumatisées qui ont tout perdu en fuyant la guerre », précise Kamel Fassatoui, l’un des 4 responsables de la communauté de Pointe Rouge. « La fermette, c’est aussi une chance pour nous de faire évoluer l’accueil. Depuis 7 ans, nous avons des femmes, et bientôt nous aurons 2 familles. Les parents auront le statut de compagnons et travailleront avec nous. » Rénover des logements vacants ou décatis quand trop peu se construisent ; rendre service et donner du sens à la vie quand l’administration a tout bloqué… Les initiatives se multiplient et le plus souvent, quelques bonnes volontés suffisent pour que la solidarité se propage.

     

     

    Priorité politique

    L’année du décès de l’abbé Pierre, Augustin Legrand, dénonçait le scandale des personnes à la rue à sa manière, en installant 250 tentes sur les quais de la Seine. Dans la foulée, il crée l’association « Les Enfants du Canal » pour assurer l’hébergement et le logement de sans-domicile installés au canal Saint-Martin. Il rencontre aussi les principales associations pour fédérer les forces qui luttent contre l’exclusion. « Il a initié la création du Collectif des Associations Unies (CAU), il a créé une force d’interpellation et de sensibilisation », note Claude Chaudières, administrateur de l’Uniopss. « Très rapidement, le Gouvernement nous a reçus. Et juste avant la 1re nuit solidaire pour le logement organisée en 2008, le Premier ministre nous annonçait la création de la Dihal, instance de concertation entre le Gouvernement et le CAU. » Première requête, l’humanisation des centres d’hébergement d’urgence. Puis l’élaboration d’un plan d’action pour l’hébergement, « Le logement d’abord », pour arrêter le va-et-vient des personnes d’un dispositif à l’autre. « Nous avons eu 5 ministres du Logement, et avec chacun, le Collectif a mené des actions et porté un discours politique. »

     

    Dès 2010, le Collectif regroupe 34 associations, il rencontre les ministres ou administrations en charge du logement, il est aujourd’hui régulièrement auditionné au Parlement, notamment sur le budget du logement. Ces derniers mois, le Collectif a beaucoup œuvré pour faire entendre la voix de tous les sans-voix : « le débat qui animé notre pays autour des réfugiés ne doit pas conduire à opposer les publics : migrants et sans domicile ne doivent plus être contraints de vivre à la rue et impérativement se voir proposer des solutions dignes », rappelle Florent Gueguen, co-porte parole du collectif avec la Fondation Abbé Pierre et directeur général de la FNARS (Fédération des acteurs de la solidarité). Pour conforter son combat, dans le cadre de la campagne présidentielle, le CAU s’est allié en janvier 2016 au Collectif « Alerte ». De fait, le chantier reste important quand on voit que près de 10 ans après le vote de la loi Dalo, 60 000 personnes reconnues prioritaires ne sont pas relogées. « Dans 14 départements les plus concernés par le Dalo, le taux de décision favorable a chuté de 8 % entre 2013 et 2015. L’accès aux droits est effectivement devenu plus restrictif », note Marie-Arlette Carlotti, Présidente du comité de suivi Dalo.

     

    Malgré ce plaidoyer associatif, les avancées législatives restent rares et fragiles. 3,8 millions de personnes souffrent encore de mal-logement et la pénurie de logements accessibles dans notre pays, 6e puissance mondiale, est indéniable. Si l’Appel de l’abbé Pierre reste dramatiquement d’actualité, chaque réponse humaine qui lui est apportée constitue aujourd’hui le plus bel hommage.

     

    La Fondation Abbé Pierre est présente partout en France
     
     

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  • Vie - Texte de charlie Chaplin (pps)

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  • Retour sur quelques grandes mobilisations féministes qui ont marqué l'Histoire française et occidentale, alors que les femmes sont appelées à manifester pour leurs droits à Washington ce 21 janvier, au lendemain de l'investiture de Donald Trump.

    Des femmes participent à la manifestation du MLF en scandant des slogans contre le travail à temps partiel, en mars 1982 à ParisDes femmes participent à la manifestation du MLF en scandant des slogans contre le travail à temps partiel, en mars 1982 à Paris Crédits : DOMINIQUE FAGET - AFP

    La marche n'est pas un mode de manifestation classique pour les femmes. Il faut dire que l'appropriation de l'espace public par ces dernières n'est que très récente. Alors qu'un grand rassemblement pour défendre les droits des femmes est prévu le samedi 21 janvier à Washington, au lendemain de l'investiture de Donald Trump, nous revenons ici sur les quelques grandes mobilisations féministes qui ont marqué l'Histoire occidentale, et surtout l'histoire de France. Un voyage le poing levé, à travers quelques archives.

    A DECOUVRIR AUSSI Journée spéciale "La longue marche des femmes"

    Octobre 1789 : Révolution française, les femmes marchent sur Versailles

    La marche des femmes le 5 octobre 1789. Sur la droite, on aperçoit une bourgeoise entraînée par l'une des manifestantes.La marche des femmes le 5 octobre 1789. Sur la droite, on aperçoit une bourgeoise entraînée par l'une des manifestantes. Crédits : Bibliothèque Nationale de France / Wikipédia

     

    "Toute révolution, à partir de celle-là, conduira les femmes sur la scène publique ; l’étonnant eut été qu’elles ne furent pas là. Ce qui est aussi étonnant, c’est que les historiens, pendant des siècles, ont fait comme si elles n’étaient pas là." Yannick Ripa

    Le 6 octobre 1789, les femmes, pour la première fois, "s’individualisent en tant que catégorie homogène" lorsqu’elles marchent sur Versailles, expliquait l'historienne Yannick Ripa au micro de Tewfik Hakem en mars 2014 (émission "Les Têtes chercheuses"). Une mobilisation souvent revendiquée comme étant la première, par les féministes. En réalité, plus que soucieuses de leurs droits, les femmes s'allient contre la disette : elles ont faim, comme leurs enfants, et envoient une délégation conduite par l'avocat Jean-Joseph Mounier pour réclamer du pain au roi.

    Septembre 1791 : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, par Olympe de Gouges

    Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, 1791Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges, 1791 Crédits : Gallica

     

    "Petit à petit elles vont revendiquer des réformes au nom des femmes. Ça va prendre la forme de prise de parole dans des clubs féminins, et puis surtout, la Révolution française conduit à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (…) elles déclarent qu’il y en a de plus égaux que d’autres, à savoir que les femmes n’ont pas les mêmes droits, et surtout pas droit à la parole politique." Yannick Ripa

    Malgré tout, les premières revendications féministes émergent véritablement à ce moment-là, notamment sous la plume de Condorcet qui estime que les femmes ont droit de cité. Mais le projet de faire d'elles de véritables citoyennes, que le philosophe couche sur le papier en 1790, n'aboutira pas ; il ne sera même pas présenté à l’Assemblée.

    Un an plus tard cependant, la femme de lettres et égérie politique Olympe de Gouges rédige le pendant de la Déclaration des droits de l’homme : la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle la dédie à Marie-Antoinette qui est, parce que femme, "exclue des droits alors qu’elle est reine". Le texte est refusé par la Convention et n'a donc aucune valeur juridique. Il tombe dans l'oubli, avant que quelques extraits soit exhumés et publiés, en 1840. C'est seulement en 1986 que Benoîte Groult prend l'initiative de le faire connaître dans son intégralité.

     

    "Qu’un plus noble emploi, Madame, vous caractérise, excite votre ambition, et fixe vos regards. Il n’appartient qu’à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l’essor des Droits de la Femme, et d’en accélérer les succès." Olympe de Gouges à Marie-Antoinette, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

     

    11 mars 1792 : au Champ-de-Mars, Théroigne de Méricourt recrute des légions d'amazones

    Théroigne de Méricourt en "amazone écarlate de l'Histoire". Gravure d'après une peinture, Auguste RaffetThéroigne de Méricourt en "amazone écarlate de l'Histoire". Gravure d'après une peinture, Auguste Raffet Crédits : Wikipédia

     C'est une deuxième figure moins connue de la Révolution, relate Yannick Ripa, précisant qu'elle était parfois surnommée "L’amante du carnage". Théroigne de Méricourt est une sorte de Calamity Jane de la fin du XVIIIe siècle : elle porte un révolver aux hanches, car "porter les armes, défendre la nation, est un acte citoyen".

    Le 11 mars 1792, elle organise une manifestation de femmes au Champ-de-Mars, pour tenter de former des bataillons d'amazones servant la cause girondine. C'est un échec. Elle est même inculpée pour trouble de l'ordre public.

    Théroigne de Méricourt finira mal, comme le raconte Yannick Ripa : "Lors de heurts (..) Théroigne va être fouettée, déculottée en public, et lorsqu’elle se relève de cette humiliation, elle a perdu la raison." Après la révolution, la démence a été plus d'une fois instrumentalisée pour "pathologiser" l’engagement politique des femmes...

    En avril 1793, un décret chasse les femmes de l'armée ("certaines avaient réussi à prendre les armes, il y avait les cantinières, il y avait aussi beaucoup de prostitués"), un autre interdit les clubs de femmes qui avaient commencé à se mettre en place, un autre encore interdit aux femmes toute présence politique.

    5 juillet 1914 : première "Journée des femmes" en France. Les suffragettes battent le pavé.

    La militante Louise Weiss entourée de sufragettes, en 1935La militante Louise Weiss entourée de sufragettes, en 1935 Crédits : Keystone / Wikipédia

     

    "Le mot “féminisme” s’emploie à partir de 1882 grâce à une de ces pionnières, Hubertine Auclert, première suffragiste française. Elle estime que les droits politiques devraient ouvrir tous les autres droits aux femmes, mais que c’est la clef du changement vers l’égalité. Elle s’approprie un mot qui a d’abord été utilisé dans un sens négatif, en 1872, par Alexandre Dumas - fils, dans L’homme femme, pamphlet anti-féministe.", explique encore Christine Bard.

    Mais entre la révolution et l'année 1914, la rue n'est pas vraiment partie prenante du combat féministe, qui se déroule dans les clubs, au travers de conférences, ou de la presse. Il faut dire qu'avec son Code civil qui fait des femmes des mineures juridiques, en 1804, Napoléon leur a porté le coup de grâce.

    C'est donc seulement en juillet 1914 que les femmes font leur retour en force dans la rue. Dans la lignée des militantes britanniques (le terme "suffragettes" qualifie initialement les membres de la Women's Social and Political Union, actives à partir de 1903).

     

    "En France, la culture latine, qui imprègne le Code civil Napoléon, a vraiment freiné l’émancipation des femmes alors qu’en Angleterre, d’autres choses étaient possibles, y compris dans le mouvement socialiste anglais. Si bien que le mouvement de suffragettes est plus important en Angleterre, où elles sont plus d’un millier à être emprisonnées." Christine Bard

     

    6000 femmes se proposent d’aller jusqu’à la statue de Condorcet - qui disparaîtra pendant la Seconde Guerre mondiale -, pour y déposer des bouquets de fleurs. C'est Louise Saumoneau et son "Groupe des femmes socialistes" qui en seront à l'origine. Leurs revendications ? Le droit de vote, l'égalité politique.

     

    "Tout le monde pense que les femmes vont avoir le droit de vote. 1914 devait être l’année des femmes, et on sait, ce sera l’année de la guerre, et ce sera un grand temps d’arrêt pour les revendications féministes, au nom de la patrie en danger." Yannick Ripa

     

    Au moment de la guerre, les féministes elles-mêmes déclarent d'ailleurs qu'il faut cesser toute revendication : c'est l'union sacrée des sexes, pour la patrie.

    "On voit que naît au cours de ces 4 ans une peur de l'émancipation des femmes (…) est-ce qu'elles ne profitent pas de cette liberté pour courir le guilledou et est-ce que les hommes vont retrouver leur place ? (...) Dans la réalité, au moment de la fin de la guerre, la démobilisation est proclamée et on dit aux femmes de rentrer au foyer. Ce qui est très étonnant c'est qu'elles rentrent sans rien dire, ce qui reste pour les historiens et historiennes quand même une surprise." Yannick Ripa

     

    L'entre deux guerres ne donne aucun droit civil aux femmes, malgré quelques actions coup de poing menées par certaines féministes, comme Louise Weiss. C'est seulement en avril 1944 que le droit de vote leur est accordé par le général de Gaulle, comme une récompense pour tous les services qu'elles ont rendus pendant la guerre : "C'est posé comme non pas un correctif d'une iniquité, mais une récompense aux services rendus par les femmes", analyse Yannick Ripa.

     

    "Entre deux guerres, puis après la Seconde Guerre mondiale, on a plutôt une ambiance très familialiste, très nataliste. C’est la période du baby boom, le discours majoritaire renvoie les femmes au foyer. En gros, on supporte des exceptions, on ne s’oppose plus aux droits politiques, on tolère que quelques femmes fassent de la politique, soient élues… avec l’idée qu’après tout, 'il y a toujours eu des femmes exceptionnelles, avec des cerveaux d’hommes'..." Christine Bard

     

    Le mouvement féministe axé sur le suffragisme n'a plus de raison d'être, et le féminisme entre dans un creux de la vague. Il renaît en 1949, au moment de la publication du Deuxième sexe, de Simone de Beauvoir, qui fait scandale, et interpelle beaucoup de femmes. Le corps devient le nouveau cheval de bataille du féminisme. En 1956, l'association "La maternité heureuse", genre d'ancêtre du planning familial, voit le jour.

    Mai 68. Naissance du Mouvement de libération des femmes.

    "La beauté est dans le rue" - Affiche - Sans tampon, Montpellier, Mai 1968"La beauté est dans le rue" - Affiche - Sans tampon, Montpellier, Mai 1968 Crédits : BnF, Département des Estampes et de la photographie / Wikipédia

     

    Mai 68 n'a qu'un seul mot d'ordre : "Jouir sans entraves"… : "On a oublié que le mouvement avait commencé à Nanterre, parce que les garçons, les étudiants, n'avaient pas le droit d'aller dans les locaux des filles. En ce temps là, la mixité est loin d'être absolue.

     

    "Les jeunes femmes vont participer à mai 68. Alors évidemment, ce sont beaucoup des étudiantes, beaucoup marxistes, beaucoup réfléchissant d'un point de vue philosophique, politique, social, et qui vont très vite s'entendre dire par les gauchistes de tout bois que ces petits problèmes de femmes attendront le grand soir (…) et certaines femmes, avec un langage aussi cru que celui qui leur était opposé, diront : 'Mais moi quand je suis enceinte, ça n'attend pas, 9 mois plus tard il y a un bébé.'" Yannick Ripa

     

    Dans la lignée du mouvement Women's Lib, né aux Etats-Unis dans ces mêmes années 1960, prend forme ce qui sera nommé par la presse française le "Mouvement de libération des femmes" (MLF), dont l'ambition première est de "rendre visibles les femmes, en tant que telles, et non comme des mères et des épouses." Antoinette Fouque est l'une de ses figures incontournables.

    Août 1970 : une gerbe de fleurs pour la femme du soldat inconnu

    Un policier tente de refouler une dizaine de femmes venant apporter des fleurs à la "femme du soldat inconnu", le 26 août 1970 sur la place de l'Etoile à ParisUn policier tente de refouler une dizaine de femmes venant apporter des fleurs à la "femme du soldat inconnu", le 26 août 1970 sur la place de l'Etoile à Paris Crédits : AFP

     Cette date est fondatrice dans l'histoire de cette deuxième vague féministe, puisqu'il s'agit de l'une des premières actions médiatiques du MLF. Le 26 août 1970, les femmes se rendent à l'Arc de triomphe pour déposer une gerbe de fleurs au soldat inconnu avec deux banderoles. L'une disant : 'Il y a plus inconnu, que le soldat inconnu : sa femme'." Et l'autre : "Un homme sur deux est une femme." et qui sera arrachée par la police.

     

    "Le MLF est un mouvement qui justement veut se distinguer du mouvement des hommes. Il ne veut pas être un parti. Et c'est sans doute ce qui a permis que le MLF soit si populaire au sens premier du terme, et qu'au coude à coude, il y ait des femmes de toutes les catégories sociales. Parce qu'on est sur le corps, on est sur la revendication de la contraception dans un premier temps, de l'avortement dans un deuxième temps, de la lutte contre le viol dans un troisième, et que, que l'on soit une grande bourgeoise ou que l'on soit une prolétaire, la situation n'était pas tout à fait la même." Yannick Ripa

    8 mars 1995 : première marche des femmes

    Les années 1980 assistent à une montée du Front National et l'année 1995, au retour de la droite au pouvoir. Les femmes craignent pour leurs droits. C'est pour cette raison que pas moins de... 140 organisations orchestrent la première "Marche des femmes" à Paris. Le 8 mars ("Journée internationale pour les droits des femmes" depuis que l'ONU l'a décrété en 1977), 40 000 personnes y prendront part. Un an plus tard, est créé le Collectif National pour les Droits des Femmes.

    Aujourd'hui, avec les nouvelles technologies d'information et de communication notamment, les luttes féministes tendent à converger. Depuis 2005, il existe ainsi une Marche mondiale des Femmes, dont l'idée avait germé lors de la "Marche des femmes contre la pauvreté" de 1995, au Québec, qui avait duré 10 jours. Les Femen, nouvel avatar du féminisme, ont acquis une renommée mondiale durant les printemps arabes, fortes de tous les codes de la médiatisation contemporaine. Elles ont étendu leur champ d'action à la France, l'Italie, la Turquie, la Tunisie...

    2014 : manifestation à Madrid pour le droit à l'avortement / 2016 : à Varsovie

    Pour terminer, et même si les femmes françaises ne sont pas (encore ?) menacées par ce genre de réformes, comment ne pas évoquer les manifestations de 2014 et 2016, respectivement en Espagne et en Pologne, où le droit à l'avortement a été menacé par les gouvernements respectifs, influencés par des sénateurs conservateurs et des initiatives citoyennes.

     "Des femmes qui étaient dans la rue il y a 40 ans redescendent dans la rue. (...) Je crois qu'il n'y a jamais de droits acquis pour les femmes, et c'est pour ça que il faut se demander si le féminisme sera un jour mort." Yannick Ripa

     

    Hélène Combis-Schlumberger

     

    Source : France Culture

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