• LES PAS D'UN AMI

    À Jacques Bonnadier

    Quand les pas d'un ami se rapprochent
    Aussitôt des cohortes d'oiseaux
    S'enfuient dans ma mémoire
    Pour me donner la clé
    D'un royaume enfoui

    Il savait les passages
    Les levées souveraines
    Les éclaircies de l'âme
    Il connaissait le chiffre
    L'enclume de la parole
    Avait gardé au cœur
    Étincelles invisibles
    Les éclats d'un amour

    Ses mots dessinaient l'arche
    Du poème en attente
    Il prononçait par cœur
    La rime des saisons

    Sa voix perçait encore
    Sous la brume des fatigues
    Il n'avait pu échapper au printemps tourmenté
    À ces fièvres sournoises
    Mais il reprenait pied dans les carrés de la joie

    Il m'atteignait ici
    Sur les berges du silence
    Où tant de voix bruissaient
    Dans les marges de l'aube

    Les pages d'un chant libre
    De soleil et de vent
    Faisaient revivre en nous
    Tout un peuple endormi
    Dont nous étions ici
    Dans l'instant infini
    Enfants de même source
    Et rois du même sang

    Nous savions retrouver
    La sève sous l'écorce
    Et le feu des racines
    Le souffle du vieil arbre
    Et la force invincible.

    Jean Lavoué, le 23 juin 2020
    Photo Andre_Rau/Pixabay

    Jean Lavoué

     

     

    Provence Classique : Emission du mercredi 7 décembre 2016. Philippe Gueit reçoit le journaliste Jacques Bonnadier. Une émission proposée par Dialogue RCF.

     


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  • Le Caravage - narcisse

    L’Enfant-étoile est le quatrième et dernier conte du livre Une maison de Grenades, publié en 1911.

    « Il y avait une fois deux pauvres bûcherons, qui regagnaient leur logis à travers une grande forêt de pins. C’était l’hiver et la nuit était d’un froid glacial. La neige formait une couche épaisse sur le sol et sur les branches des arbres. La gelée faisait craquer les branchettes partout sur leur passage, mais lorsqu’ils arrivèrent au Torrent de la Montagne, elle était suspendue, immobile, dans l’air, car elle avait reçu le baiser du Roi de la Glace.
    Il faisait si froid que même les animaux et les oiseaux ne savaient qu’en penser. »

    Traduction : Albert Savine (1859-1927).

    Donneur de voix : Florent |

    Durée : 42min | Genre : Contes 

     

    L’Enfant-étoile est le quatrième et dernier conte du livre Une maison de Grenades, publié en 1911

     

    http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/wilde-oscar-lenfant-etoile.html

     

    Très jolie, j'aime et vous ?

     


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  • L’image contient peut-être : plante et plein air

    PRÉSENCE

    Si le tableau s'efface, si tu n'es plus au centre,
    Peut-être t'apprêtes-tu
    À entendre autrement la rumeur
    Qui monte de chaque chose ;

    Là où était le chant
    Peut-être n'y a-t-il plus qu'écoute sans attente,
    Poème sans dessein, accord sans mélodie,
    Tonalité première,

    Brûlure d'une promesse à jamais accomplie.
    Là où tu te croyais témoin, regardant sans oubli,
    Se tient désormais l'Ouvert,
    Affranchi de toute prise.

    C'est un parfum inconnu,
    Une tonalité nouvelle qui surgit maintenant de l'arbre, de la maison,
    Du ciel où s'abriter, de la prairie en fleurs
    Élevant vers toi ses pentes lumineuses.

    La flamme, la cheminée, la pomme sur la table,
    Le bouquet de forsythia en feu au coin de l'escalier
    Accourent sur la toile, te devancent ;
    Les meubles cirés, les cuivres, tu ne les vois plus comme objets
    Mais comme tremblements d'une éclaircie qui te précède.

    Gratitude infinie de l'être
    Qui trouve ainsi sa clairière
    Où, sans peur ni dommage, il peut se fondre et disparaître
    Dans l'abandon à tout lever du voile, toute offrande des couleurs.

    Dans l'entralecement des branches de la vie,
    Plénitude d'avoir été Cela,
    Un seul instant, où les forces convergent,
    Où toute durée s'abolit.

    Cœur pensant du monde offert
    Sans raison ni autre nécessité
    Que d'avoir laissé s'ouvrir en lui
    Ce lieu sans lieu vers lequel se donne enfin toute présence.

    Jean Lavoué, 25 février 2020
    Paul Cézanne, Montagne Sainte-Victoire*


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  • Tu reviens à la grâce des forêts de l’enfance
    Où les branches se courbent sous le poids de l’année
    Les pluies d’octobre ont lissé leurs feuillages
    Et préparé le feu d’un éternel été

    Automne aux fastes de lumière
    Toutes les saisons éclairées
    Le blond chevreuil de la clairière
    Le soleil au miroir brisé

    La flamme rousse des fougères
    Les châtaignes aux bogues éclatées
    les chemins creux de la mémoire
    Les ronces pourpres dans les haies

    La terre se montre impassible
    Aux troupeaux enfin rassasiés
    Mais elle cueille avec tendresse
    Les fruits mûrs dans les vergers

    Les arbres gardent ton empreinte
    Leur force tout au bout de tes doigts
    Et sous tes pas de chercheur d’or
    L’odeur des feuilles écrasées

    Jean Lavoué 18 octobre 2019
    Photo JL La Chesnaie 18/10/19

     

     
     
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  • Sélection de poèmes écrits d'une vie d'homme, celle-là de l'Américain Walt Whitman (1819-1892). Licensed under Creative Commons: By Attribution 3.0 License http://creativecommons.org/licenses/b...

     

     

    Walt Whitman — Wikipédia

     

    Le poète du cosmos

    Bien que le « Chant de moi-même » domine tout le recueil, l'ensemble n'en est pas moins intitulé très impersonnellement et assez mystérieusement Feuilles d'herbe – et non brins d'herbe. Whitman a voulu jouer sur les mots et que ces « feuilles » fussent à la fois celles de son livre et celles de l'herbe, de cette herbe anonyme qui pousse en tous lieux et qui symbolise pour lui la présence universelle d'un élan vital irrésistible. Dans le monde poétique de Whitman, les moindres objets et les plus communs, du fait même qu'ils existent et sont inséparables de leur contexte cosmique, deviennent de merveilleux miracles. « La majesté et la beauté du monde sont latents dans n'importe quel iota du monde », écrit-il, et ses poèmes à tout moment le prouvent. Tout objet est à ses yeux un hiéroglyphe qu'il nous appartient de déchiffrer, car le visible n'a de sens que par l'invisible ; et l'invisible, en retour, ne peut s'exprimer que par le biais du visible. Autrement dit, Whitman pressentait déjà le symbolisme et annonçait ce que Claudel a appelé « la divine loi de l'expression détournée ».

    Whitman a été, dans tous les pays, salué par les poètes d'avant-garde comme un libérateur parce qu'il a osé détruire les stéréotypes de la prosodie traditionnelle, et comme un purificateur exemplaire parce qu'il a su débarrasser la poésie de tout élément descriptif ainsi que narratif, et entrepris hardiment de dire l'indicible avec les mots de tout le monde, argot compris lorsqu'il le fallait. Il a eu pour disciples tous ceux qu'attirent son inspiration très généreusement démocratique, les poèmes où il a chanté « l'homme en masse » et l'industrie moderne qui, avec des machines dont il a célébré la beauté, a permis à l'homme de conquérir le monde.

     

    https://www.universalis.fr/

     


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