• Sélection de poèmes écrits d'une vie d'homme, celle-là de l'Américain Walt Whitman (1819-1892). Licensed under Creative Commons: By Attribution 3.0 License http://creativecommons.org/licenses/b...

     

     

    Walt Whitman — Wikipédia

     

    Le poète du cosmos

    Bien que le « Chant de moi-même » domine tout le recueil, l'ensemble n'en est pas moins intitulé très impersonnellement et assez mystérieusement Feuilles d'herbe – et non brins d'herbe. Whitman a voulu jouer sur les mots et que ces « feuilles » fussent à la fois celles de son livre et celles de l'herbe, de cette herbe anonyme qui pousse en tous lieux et qui symbolise pour lui la présence universelle d'un élan vital irrésistible. Dans le monde poétique de Whitman, les moindres objets et les plus communs, du fait même qu'ils existent et sont inséparables de leur contexte cosmique, deviennent de merveilleux miracles. « La majesté et la beauté du monde sont latents dans n'importe quel iota du monde », écrit-il, et ses poèmes à tout moment le prouvent. Tout objet est à ses yeux un hiéroglyphe qu'il nous appartient de déchiffrer, car le visible n'a de sens que par l'invisible ; et l'invisible, en retour, ne peut s'exprimer que par le biais du visible. Autrement dit, Whitman pressentait déjà le symbolisme et annonçait ce que Claudel a appelé « la divine loi de l'expression détournée ».

    Whitman a été, dans tous les pays, salué par les poètes d'avant-garde comme un libérateur parce qu'il a osé détruire les stéréotypes de la prosodie traditionnelle, et comme un purificateur exemplaire parce qu'il a su débarrasser la poésie de tout élément descriptif ainsi que narratif, et entrepris hardiment de dire l'indicible avec les mots de tout le monde, argot compris lorsqu'il le fallait. Il a eu pour disciples tous ceux qu'attirent son inspiration très généreusement démocratique, les poèmes où il a chanté « l'homme en masse » et l'industrie moderne qui, avec des machines dont il a célébré la beauté, a permis à l'homme de conquérir le monde.

     

    https://www.universalis.fr/

     


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    Portrait of Mario de Andrade - Tarsila do Amaral - WikiArt.

     

    Beau poeme de Mario de Andrade (San Paolo 1893-1945) Poète, romancier, essayiste et musicologue.
    Un des fondateurs du modernisme brésilien.
    ________________________

    MON ÂME A UN CHAPEAU

     

    J'ai compté mes années et j'ai trouvé que j'ai moins de temps à vivre d'ici que ce que j'ai vécu jusqu'à maintenant.

     

    Je me sens comme cet enfant qui a gagné un paquet de bonbons: les premiers les mangent avec plaisir, mais quand il s'est rendu compte qu'il en restait peu, il a commencé à les goûter intensément.

     

    Je n'ai plus de temps pour des réunions interminables où les statuts, les règles, les procédures et les règlements internes sont discutés, sachant que rien ne sera fait.

     

    Je n'ai plus le temps de soutenir des gens absurdes qui, malgré leur âge chronologique, n'ont pas grandi.

     

    Mon temps est trop court: je veux l'essence, mon âme est pressée.

    Je n'ai plus beaucoup de bonbons dans le paquet.

    Je veux vivre à côté d'humains, de gens très humains qui savent rire de leurs erreurs et qui ne sont pas gonflés par leurs propres triomphes et qui prennent leurs responsabilités pour eux-mêmes. De cette manière, la dignité humaine est défendue et l'on vit dans la vérité et dans l'honnêteté


    C'est l'essentiel qui rend la vie utile.


    Je veux m'entourer de gens qui savent toucher les coeurs, de ceux à qui les durs coups de la vie ont appris à grandir avec de douces touches de l'âme.

    Oui, je suis pressé, je suis pressé de vivre avec l'intensité que seule la maturité peut donner.
    Je n'ai pas l'intention de gaspiller aucun des desserts restants.

    Je suis sûr qu'ils seront exquis, beaucoup plus que ceux mangés jusqu'ici.

    Mon but est d'atteindre la fin satisfait et en paix avec mes proches et ma conscience.

     

    Nous avons deux vies et la seconde commence quand vous réalisez que vous n'en avez qu'une.

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    par
     
    Mário Raul de Morais Andrade, né le 9 octobre 1893 à São Paulo et mort le 25 février 1945 dans la même ville, est un poète, romancier, musicologue, photographe et critique d'art brésilien.
     

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    Et nous allons chacun
    Épousant le mystère
    Cette brève clarté
    Qui nous fonde et nous tue

    Croyant élucider
    Ces éclats dans la nuit
    Compagnons d’un destin
    Que la foudre protège

    Nous sommes sans savoir
    Sur cette obscurité
    Sur ce feu qui nous lie
    Aux battants de la vie

    Nous allons parcourus
    De doutes éphémères
    De certitudes soudain
    Crucifiées avec nous

    Mais il y a ces flux
    De la miséricorde
    Ces clartés d’un instant
    Où nous sommes sauvés

    Alors nous nous taisons
    Laissant aller le souffle
    Vers ce silence d’or
    Vers ce matin promis

    Nous remisons enfin
    Nos questions inutiles
    Pour nous abandonner
    À ce cap ébloui

    La joie n’est pas certaine
    Mais compagne de l’aube
    Simple feu clignotant
    Aux lisières inconnues

    Alors nous franchissons
    Des berges des marais
    Des forêts insouciants
    Aimantés par le feu

    Nous ne croyons plus guère
    La mort qui nous talonne
    Nous partons ici même
    D’un rire souverain

    Mais nous n’oublions pas
    Tous nos frères les hommes
    Ni leurs mains à tâtons
    Qui cherchent une issue

    Nous sommes avec eux
    Cette vigile offerte
    Annonçant qu’il faut bien
    S’en remettre à l’insu

    Nous recevons pour eux
    Le poème sans pourquoi
    Comme un jardin se donne
    Sans calculer le jour

    Et ce chant qui nous lève
    Et nous réconcilie
    Sans absoudre l’obscur
    Nous en faisons du pain

    Et nous le partageons
    Comme on livre son corps
    Comme on se met à nu
    Sous les mains d’un amour

    Nous sommes le pressoir
    La vendange et le grain
    Chaque mot qui se donne
    Sitôt se change en vin

    Alors nous exultons
    D’être de ce royaume
    Où sachant n’être rien
    Nous sommes délivrés

    Rien que ces paumes ouvertes
    Rien que ce fil ténu
    Où nous posons nos pas
    Funambules gratifiés

    Jean Lavoué, dimanche matin 12 août 2018
    Photo vct310 Pixabay

    www.enfancedesarbres.com


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  • L’image contient peut-être : oiseau, plante et plein air

     C’est pour reprendre pied
    En ce rien qui t’espère
    Que tu te tiens debout
    À l’aube du vivant

    Le souffle de la terre
    Rejoint celui du ciel
    L’oiseau t’est compagnon
    Son chant ne faiblit pas

    Tu portes en toi le vent
    Le chemin et la source
    Et tu marches au dehors
    Aussi bien que dedans

    Comme un feu insoumis
    Gagnant dans les remises
    Tu sarcles sans relâche
    Les domaines de ta joie

    Plus l’arbre en toi s’élève
    De toutes ses racines
    Plus tu le laisses aller
    Faisant craquer tes bois

    De branches et de soleil
    Tu fais fleurir la terre
    Tu proposes un printemps
    Dont le royaume est là

    De bourgeons en feuillages
    Tu t’appropries l’espace
    Tu n’as pas d’autres biefs
    Que cette sève en toi

    Jean Lavoué
     
    Blavet, La bergerie, le 30 avril – Pont-Augan le 1er mai 2018

    www.enfancedesarbres.com

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  • Appelle-Moi Poésie est un programme de poésie vivante. C'est une sélection originale de textes percutants mis en voix par les meilleurs poètes-performeurs actuels. Si l'idée te plaît, suis-nous et abonne-toi ! http://www.appellemoipoesie.com ----------------------------------------­----------------------------------------­------------------------ NU ET PÂLE, LES BRAS SOUS LA TÊTE Elle m'a rêvé un soir et je suis sorti.

    J'ai longé les arbres et les bancs allongés, J'ai suivi les rails et les pistes des bois, J'ai couru dans le noir, je n'ai rien trouvé.

    Elle m'a rêvé le jour suivant. Une heure, J'ai parlé dans une langue inconnue. J'ai chanté des rois sans planète, délaissés.

    J'ai ouvert ma porte aux êtres de brume. Et je n'ai rien entendu.

    Elle m'a rêvé toute une semaine et j'ai tué Un cerf. J'ai arraché son cœur fumant, Je l'ai mangé.

    J'ai peint ma poitrine de Ses sirupeuses traînées. Je me suis endormi. Et je ne l'ai pas senti dans ma chair. Elle m'a rêvé une minute, à l'orée d'une heure.

    J'ai claqué dans mes mains, j'ai perdu la tête. J'ai puisé dans mes souvenirs, j'ai cherché Mon nom.

    J'ai oublié mes vieilles terreurs. Et je ne me suis pas souvenu d'elle.

    Elle m'a rêvé les yeux ouverts, elle a dit mon nom.

    Je suis devenu un nuage emmargé, j'ai plu des larmes D'eau douce, d'aquarelle.

    Des larmes sans pareilles. J'ai vu son visage.

    Doucement, j'ai épelé ton nom.

     

    appelle-moi poésie


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