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    Si le silence t’échappe

    Echappe-toi avec lui !

    suis le premier oiseau,

    Ecoute bien son chant :

    Comme il résonne en toi

    D’un amour infini.

     
    Si le froid t’engourdit
    Chausse-toi de courage,
    Mets tes pas dans la neige
    Suis des chemins de gel,
    Eprouve leur douceur
    Apprivoise leurs cris.
     
    Quand le jour t’appauvrit,
    Quand la nuit te précède,
    Que tu ne sais plus l’heure
    Ni l’instant de ta perte,
    Pose là tes désirs
    Tes armes et tes combats.
    Sors des ombres têtues,
    Prends la voie souveraine
    Qui n’a pour seules lumières
    Que d’épouser tes pas.
     
    Si ton cœur te fait mal
    Si ton corps te malmène,
    Si ta vie est pour toi
    Un supplice, une croix,
    Ecoute murmurer
    La sève de tes veines :
    Sois le sang des racines,
    L’effleurement de l’aile,
    L’adagio des nuages, 
    La vibration de l’air.
     
    Si tu te sens très seul
    Si l’hiver est en toi
    Comme un puits déserté,
    Une branche si nue,
    Un matin sans soleil,
    Frôle la dure écorce,
    Devine son enfance,
    Sois pour elle saison
    Bruissante de bourgeons.
     
    Ne retiens rien pour toi,
    Laisse faire le silence
    Et il te le rendra
    Au plus près de ta joie.
     
    Jean Lavoué
     

    http://www.enfancedesarbres.com/ 
     

     

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    Sur mes cahiers d’écolier

    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable sur la neige
    J’écris ton nom

     

    Sur toutes les pages lues
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou cendre
    J’écris ton nom

     

    Sur les images dorées
    Sur les armes des guerriers
    Sur la couronne des rois
    J’écris ton nom

     

    Sur la jungle et le désert
    Sur les nids sur les genêts
    Sur l’écho de mon enfance
    J’écris ton nom

     

    Sur les merveilles des nuits
    Sur le pain blanc des journées
    Sur les saisons fiancées
    J’écris ton nom

     

    Sur tous mes chiffons d’azur
    Sur l’étang soleil moisi
    Sur le lac lune vivante
    J’écris ton nom

     

    Sur les champs sur l’horizon
    Sur les ailes des oiseaux
    Et sur le moulin des ombres
    J’écris ton nom

     

    Sur chaque bouffée d’aurore
    Sur la mer sur les bateaux
    Sur la montagne démente
    J’écris ton nom

     

    Sur la mousse des nuages
    Sur les sueurs de l’orage
    Sur la pluie épaisse et fade
    J’écris ton nom

     

    Sur les formes scintillantes
    Sur les cloches des couleurs
    Sur la vérité physique
    J’écris ton nom

     

    Sur les sentiers éveillés
    Sur les routes déployées
    Sur les places qui débordent
    J’écris ton nom

     

    Sur la lampe qui s’allume
    Sur la lampe qui s’éteint
    Sur mes maisons réunies
    J’écris ton nom

     

    Sur le fruit coupé en deux
    Du miroir et de ma chambre
    Sur mon lit coquille vide
    J’écris ton nom

     

    Sur mon chien gourmand et tendre
    Sur ses oreilles dressées
    Sur sa patte maladroite
    J’écris ton nom

     

    Sur le tremplin de ma porte
    Sur les objets familiers
    Sur le flot du feu béni
    J’écris ton nom

     

    Sur toute chair accordée
    Sur le front de mes amis
    Sur chaque main qui se tend
    J’écris ton nom

     

    Sur la vitre des surprises
    Sur les lèvres attentives
    Bien au-dessus du silence
    J’écris ton nom

     

    Sur mes refuges détruits
    Sur mes phares écroulés
    Sur les murs de mon ennui
    J’écris ton nom

     

    Sur l’absence sans désir
    Sur la solitude nue
    Sur les marches de la mort
    J’écris ton nom

     

    Sur la santé revenue
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans souvenir
    J’écris ton nom

     

    Et par le pouvoir d’un mot
    Je recommence ma vie
    Je suis né pour te connaître
    Pour te nommer

     

    Liberté.

     

     

    Paul Eluard, Au rendez-vous allemand, 1945, Les Editions de Minuit

     

     

     

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    Voici la photographie d'un chevreuil mâle dans la forêt. On peut voir qu'il…:

     

    asthmas: Red deer stag in snow:

     

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    http://textesatoutvent.blogspot.fr/

     

    Nuit de neige

    Guy de Maupassant

     

    La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
    Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
    Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
    Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

     

    Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
    L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
    Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
    Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

     

    La lune est large et pâle et semble se hâter.
    On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
    De son morne regard elle parcourt la terre,
    Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

     

    Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
    Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
    Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
    Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

     

    Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
    Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
    Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
    Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

     

    Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
    Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
    De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
    Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

     

    Guy de Maupassant, Des vers

     

    http://www.poetica.fr/


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  • L’Enlèvement de Ganymède

    Ce poème est issu du recueil Méditations poétiques, il s’agit de la douzième Méditation, suivie du commentaire de Lamartine.

    Citation :


    « Mais nous, pour embraser les âmes,
    Il faut brûler, il faut ravir
    Au ciel jaloux ses triples flammes :
    Pour tout peindre, il faut tout sentir.
    Foyers brûlants de la lumière,
    Nos cœurs de la nature entière
    Doivent concentrer les rayons ;
    Et l’on accuse notre vie !
    Mais ce flambeau qu’on nous envie
    S’allume au feu des passions. »

     

    Citation du commentaire :


    « Je la dédiai ensuite à cet ami, qui faisait lui-même des vers remarquables. C’est M. Rocher, aujourd’hui une des lumières et une des éloquences de la haute magistrature de son pays. Nos routes dans la vie se sont séparées depuis ; il a déserté la poésie avant moi. Il y aurait eu les succès promis à sa belle imagination. Nos vers s’étaient juré amitié : nos cœurs ont tenu la parole de nos vers. »

     

    Illustration : François Chauveau, L’Enlèvement de Ganymède.

     

    LEnthousiasme.

    > Télécharger le mp3

    (Clic-droit, « Enregistrer sous… »)

     

    http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/lamartine-alphonse-de-lenthousiasme-poeme.html


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    Rivière fraternelle

     

    Jusqu’où m’invites-tu rivière fraternelle à me couler en toi
    Jusqu’où m’emportes-tu entre les berges de ton silence
    Vers quelle île engloutie me fais-tu remonter jusqu’aux sources de vivre ?

     

    Je contemple en marchant tes vases de lumière
    J’y lis d’étranges signes m’épelant ton secret
    Un fil de haut lignage, de forces reposées, de marées insoumises

     

    Par rocs et bruyères tu entreprends ma terre et tu l’invites à se livrer
    Tu rêves d’océan, d’envol de goélands vers tes odes natives
    Au vent de l’inconnu tu ne peux résister car tu ne sais que te donner

     

    Je suis ici de mon enfance et j’apprends à me taire pour être plus vivant
    Même sous tes eaux calmes tu portes en toi le large et mes désirs d’envols
    Tu es l’amante du matin, petite sœur des libellules, ô ma princesse aux yeux de nuit

     

    Tu m’orientes et je te célèbre en cortège de branches aux nichées d’oiseaux vives
     

    Je me laisse tomber à la racine de nos âmes d’où nous contemplons la cime
    Nous sommes de la même sève, libres et secourables, et simples avec nous-mêmes

     

    Nous franchissons des ponts en coulées souveraines sans même nous retourner
     

    Rien ne t’arrête au port, à peine les moulins dont les meules te défient
    Nous sommes de tous remparts la clairière qui s’ouvre et la trouée fertile

    Aucune saison jamais ne sera trop somptueuse pour t’offrir son écrin
    Que mon chant aille se perdre en tes flancs soleilleux loin des tumultes de la ville
     

     

    Qu’ensemble nous trouvions le courant de la joie et notre souffle et notre rythme
    Notre demeure des hauts fonds, notre défaite consentie, notre présence sans limites.

     

    Jean Lavoué
     

    www.enfancedesarbres.com

     

    Poème primé le 10 décembre 2016 à Pont-l’Abbé lors de l’inauguration du 1er salon du livre Bigouden présidé par Brigitte Maillard
     

     

    Photos Rivière de Pont-l’Abbé Cop. Doly, B.Buisson, R. Trébaol


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