• Covid-19 et climat : même combat pour l’humanité

    Dans un rapport remis au gouvernement le 21 avril 2020, les dix membres du Haut Conseil pour le climat détaillent les causes communes à l’actuelle pandémie de coronavirus et à la hausse mondiale des températures et plaide pour une sortie de crise résolument tournée vers la lutte contre le changement climatique.

    Baisse de l'activité industrielle pendant la crise du Covid-19

    Peut-on se réjouir que l’arrêt de l’activité des principaux pays riches produise une forte baisse des émissions de gaz à effet de serre ? Pas vraiment.

      AFP/Archives - Philippe LOPEZ

    Preuve s’il en est que lutte contre le changement climatique et crise sanitaire du Covid-19 ont bien des causes communes, c’est au nombre de victimes de la canicule de 2003 qu’on compare aujourd’hui le nombre de décès enregistrés par les services de santé. Avec plus de 20 000 morts en France le 20 avril, l’épidémie dépasse un événement météo extrême auquel la France de 2003 était tout aussi mal préparée. Pour le Haut Conseil pour le climat, instance indépendante créée en 2019, les mêmes causes ont produit les mêmes effets, selon les conclusions du rapport remis le 21 avril au gouvernement d’Édouard Philippe.

    Les causes ? La crise du Covid-19 met en lumière des transformations écologiques, sociales, économiques à l’œuvre depuis des décennies : “mondialisation des échanges y compris le commerce international de la faune sauvage même protégée, éparpillement planétaire des chaînes de valeur, délocalisation, flux tendus, intensification des mobilités de toute nature, réduction de l’intervention de l’État, recul de l’État providence et de l’accès au service public, baisse de la protection sociale”, énumère le rapport. Issu du commerce d’espèces animales sauvages, le virus a profité de la rapidité des transports et des flux commerciaux massifs pour visiter l’ensemble de la planète en quelques semaines. Ces vecteurs sont aussi ceux qui émettent le plus de gaz à effet de serre.

    Malgré un cadre d'action international, les États ne sont pas préparés aux catastrophes

    Le premier enseignement à tirer, c’est que les systèmes précoces d’alerte doivent être renforcés, de la protection des lanceurs d’alerte à l’organisation de la réponse. Or, rappelle le Haut Conseil, si le Covid-19 a surpris bon nombre de gouvernements de pays développés ayant pourtant à disposition les moyens techniques et humains d’anticiper l’émergence des risques, il n’en est pas de même de la crise climatique. Depuis 40 ans, les rapports scientifiques du Giec détaillent les phénomènes physiques en cours, décrivent les solutions techniques pour stopper et atténuer les émissions de gaz à effet de serre et préconisent des actions d’adaptation des populations et de leurs activités à la hausse des températures. Pourtant, les promesses d’action faites par les gouvernants dans le cadre de l’accord de Paris indiquent à ce jour une hausse de plus de 3°C des températures contre 1,5 °C souhaités.

    Les États membres de l’ONU ont adopté en 2015 le "cadre d’action de Sendaï pour la réduction des risques de catastrophes" couvrant la période 2015-2030.Le Haut Conseil appelle à la mise en œuvre effective de cet accord destiné à anticiper les crises et à en réduire les conséquences. Cet accord liste quatre priorités : comprendre les risques de catastrophe, savoir les gérer, investir dans la réduction du risque, se préparer pour intervenir efficacement et accélérer la reconstruction. Le coronavirus démontre que la communauté internationale est bien loin de remplir ce cadre d’action.

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