• Chanson réaliste et entre-deux-guerres

     

    Ces voix de gramophones qui grésillent et qui dansent une folle farandole, ces chanteuses et chanteurs qui racontent la rue, la misère, la fête aussi parfois. Aristide Bruant, Damia, Fréhel, Yvette Guilbert ou Edith Piaf chantent les folles années de crise, mais nous parlent aussi d'amour...

     Edith Piaf lors d'un concert à l'Olympia, à Paris, le 30 décembre 1960 Edith Piaf lors d'un concert à l'Olympia, à Paris, le 30 décembre 1960 Crédits : STF - AFP

    "La rue était un des espaces naturels de la chanson. Mais on chantait dans les cours, les ateliers, les échoppes. Cette culture de l'oralité vive a été transformée par les nouvelles technologies du spectacle." (Catherine Dutheil-Pessin)

     

    Nous entamons aujourd’hui une nouvelle série intitulée “Chantons sous la crise”. Cette semaine, nous examinons trois périodes de crises économiques et les réactions et expressions musicales qu’elles ont vu naître. Aujourd’hui, nous commençons par l’entre-deux-guerres, période de basculement d’un monde à un autre et de “grande dépression”. La crise qui traverse la France est tant économique que morale et s’exprime dans les arts, à commencer par la musique. La chanson dite “réaliste” se fait le réceptacle mais aussi l’exutoire des deuils comme des difficultés socio-économiques. De la rue au café-concert, les espaces qu’elle prend pour scènes, sont au cœur des mutations des territoires et de la condition des classes populaires. Pourtant, emportées par la musique, les voix de Mistinguett, Fréhel et Piaf invitent les foules à “chanter sous la crise” dans un rythme entêtant….

    "Le café-concert s'est développé dès le milieu du XIXe siècle. Il y a une hiérarchie entre ceux des beaux quartiers et ceux des faubourgs. On assiste à une premier forme d'industrialisation du spectacle." (Catherine Dutheil-Pessin)

    Références sonores :

    • Quantic, "Time Is The Enemy", extrait de l'album The 5th Exotic, Tru Thoughts, 2001 (générique)
    • "La butte rouge", interprétée par Francis Marty, chanson écrite par Gaston Montéhus et composée par Georges Krier, en 1923
    • "Dans la rue" interprétée par Aristide Bruant, en 1912
    • Extrait d'une interview d'Edith Piaf, archive non datée
    • "Mon homme", chanson interprétée par Mistinguett, en 1920, texte d’Albert Willemetz et Jacques Charles, musique de Maurice Yvain
    • Extrait d'un discours de Jacques Doriot, en 1931
    • Lucienne Boyer, "Parlez-moi d'amour", 1930, chanson écrite et composée par Jean Lenoir
    • Edith Piaf, "Mon cœur est au coin d'une rue", 1937
    • Serge Gainsbourg, "Mon légionnaire", musique de Marguerite Monnot et texte de Raymond Asso, extrait de l'album You're Under Arrest, Phonogram, 1987

     

    La chanson réaliste : sociologie d'un genreCatherine Dutheil-PessinL'Harmattan, 2004


    L'équipe
    Production
    Réalisation
    Avec la collaboration de
     
    par Maylis Besserie
    du lundi au jeudi de 14h00 à 15h00
     

     

    Les autres émissions, chanter sous la crise

     

     

    Chantons sous la crise ! (2/4) : Punk et tournant libéral
    Chantons sous la crise ! (3/4) : Rap et crise sociale
    Chantons sous la crise ! (4/4) : Les mutations de l'industrie musicale

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  • En avril dernier, la française Claire Nouvian a reçu le prix Goldman, la plus haute distinction dans le domaine de l'environnement. Avec son association Bloom, elle milite depuis 2005 pour la préservation des océans et la défense de la pêche artisanale.

     

     

    Poissons au Costa RicaPoissons au Costa Rica Crédits : RODRIGO FRISCIONE / CULTURA CREATIVE - AFP

     

    Tandis que des études très récentes indiquent que les zones marines sauvages ont quasiment disparu et que les bateaux de pêche en haute mer vont de plus en plus loin pour capturer de moins en moins de poissons, la préservation des océans devient chaque jour plus urgente. 

    Le 1er août denier, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson officialisait le lancement d'une "mission océan" destinée notamment à mieux protéger les récifs coraliens. En septembre, des discussions s'ouvriront à New-York sous l’égide de l’ONU, pour tenter d’établir un cadre juridique à la conservation et  l’utilisation durable de la biodiversité marine. 

    Claire Nouvian, fondatrice et présidente de l'association Bloom, est l'invitée de Julie Gacon dans les Matins d'été. 

    Claire Nouvian. A @Bloom_FR on est l’ennemi d'aucun pêcheur : on estime qu’une ressource vivante tout à fait comestible, et parfois même délicieuse, doit être récoltée. Il y a un enjeu de sécurité alimentaire. Mais on doit inventer un modèle de pêche durable pour les océans et l’homme. Aujourd’hui on est dans une tragédie des communs. Le poisson est une ressource gratuite, or la ressource est en train de décliner. On n’a pas réussi à l’éviter en Europe, on est en train d’essayer de ramer mais à contre courant. La question est : qui va avoir accès aux dernières ressources, aux derniers poissons ? Dans cette course-là ce sont les industriels qui gagnent.

    On est plus du côté des pêcheurs artisans, il y a une urgence sociale réelle. Les meilleures pratiques de pêche sont en train de disparaître. S’il y a 1000 ressources, est-ce qu'on a envie qu’un seul pêcheur industriel pêche tout ou que 500 pêcheurs à la ligne les pêchent ? 

    Même dans les grandes profondeurs des océans, la pollution plastique parvient. Même les calamars des abysses ont des particules plastiques dans leur organisme.

    Est-ce qu’on a vraiment besoin d’aller vers l’exploitation des minerais sous-marins ? Si après avoir dépendu des hydrocarbures on dépend des métaux rares et des minerais, c'est recommencer un nouvel épisode de dévastation de ressources non renouvelables. 

    Retrouvez ici la deuxième partie de cet entretien

    À LIRE AUSSI
     
     
    La pêche illégale dans le monde représente selon Bruxelles entre 11 et 26 millions de tonnes de poissons chaque année, soit 15 % des volumes mondiaux
    Cultures MondeLes nouveaux délinquants environnementaux (2/4) : Du golfe de Guinée à la Thaïlande : les ravages de la pêche illégale

    Extrait de l'émission en vidéo

    Bibliographie

    Abysses

    AbyssesClaire NouvianFayard, 2006

    Intervenants
    • fondatrice de l'association Bloom (protection des océans et de la pêche artisanale)
     

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  • Alors que la lutte contre le gaspillage alimentaire est une cause à laquelle tous sont aujourd’hui sensibilisés, on ne peut que s’étonner des procédures et dysfonctionnements institutionnels qui conduisent à ce que plusieurs tonnes de nourriture non consommée puissent finir directement à la poubelle. C’est notamment le cas d’un marché en Belgique qui a décidé de jeter cette semaine des quantités astronomiques de tomates en pleine nature. 

     

     Triste spectacle que ces tonnes de nourriture, essentiellement des légumes, qui jonchent depuis plusieurs heures dans une prairie de Brecht, au Nord-Est d’Anvers, dans la partie flamande de la Belgique. Les légumes, en parfait état pour une bonne partie d’entre eux, viennent des invendus de la criée d’Hoogstraten, qui se tient à une vingtaine de kilomètres de là. Un accord a été conclu avec le propriétaire du terrain pour que des légumes invendus puissent y être « déposés ». À la vue des photos et des quantités jetées, on s’interroge pourtant inévitablement : ces tomates, encore comestibles au moment où elles ont été étendues au sol, n’auraient-elles pas pu trouver une meilleure destination et servir de nourriture, notamment aux plus démunis ?

     

     Le marché se défend, les internautes s’indignent

    Face aux réactions dénonçant un gaspillage inutile, les responsables du marché ont invoqué la surproduction liée au beau temps de ces dernières semaines. Ils estiment que les récoltes sont beaucoup trop importantes et que les banques alimentaires seraient dépassées, rapporte Radio 2 Antwerpen, radio locale à l’origine de l’information. Mais cette excuse tient-elle la route ? Regardons un instant du côté des motifs économiques…

    En effet, leurs arguments ne convainquent pas tout le monde. Les commentaires indignés d’internautes se sont multipliés. Alors que certains crient au scandale en temps de crise, d’autres se demandent pourquoi ces légumes en parfait état de consommation ne sont pas distribués aux plus démunis ou transformés pour en faire des bocaux ou même de l’énergie. Certains pointent également le paradoxe d’une agriculture lourdement subventionnée qui se permet de jeter des aliments au motif qu’elle ne pourrait pas les vendre.

     

    De manière plus fondamentale, l’évènement interroge l’état de santé d’un système économique dans lequel il est généralement préférable pour les acteurs de l’économie de gaspiller que d’utiliser la surproduction à d’autres fins utiles et ce sans aucune considération pour les personnes qui sont dans le besoin. Pour cause, une offre trop importante tend inévitablement à tirer les prix du marché vers le bas au point où il devient parfois insuffisant pour être rentable aux acteurs économiques. Un phénomène qui frappe d’ailleurs de nombreux secteurs agricoles. Stocker ces aliments (via la transformation notamment) reste possible mais ceci demande un minimum d’organisation. Un coût que le marché n’a visiblement pas été en mesure d’assumer.

     La Belgique à la traîne, malgré les bonnes volontés

     En matière de gaspillage alimentaire, le pays a pourtant affiché ses bonnes intentions ces dernières années. En 2014, la Wallonie obligeait les supermarchés à donner leurs invendus. Plus récemment, fin 2017, ce sont les industriels de la transformation qui ont communiqué à propos de leur plan d’action pour réduire l’énorme gâchis. Des bonnes intentions qui n’empêchent pas le pays d’être largement à la traîne par rapport à ses voisins. Si l’on considère la quantité totale d’aliments jetés en Belgique, 345 kg de nourriture sont gaspillées par personne par an, alors qu’au niveau européen, ce chiffre est de 173 kg en moyenne. Seuls les Pays-Bas font pire.

    Rappelons toutefois que sur le terrain, les associations belges s’organisent pour lutter contre le phénomène. En première ligne, les banques alimentaires, mais aussi des structures comme « Frigo pour tous » et « FruitCollect » à qui nous avions consacré des articles récemment. Mais que peuvent ces petites associations face à la toute puissance des logiques économiques ?

     

    Berg groenten gestort in Brecht

    In Brecht werden duizenden kilo's tomaten, paprika's en courgetten gestort, door het warme weer raakten ze niet verkocht. Dag mag als bemesting, als ze met grond worden vermengd, maar dat is hier niet het geval.

     

    Source

    https://mrmondialisation.org/


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  • Creation by Annémeraude Music: 'Dance of the Fairies' by Zero-Project

    Belle journée à tous ♥

    Cherchez les fées dans la nature, ceux qui regardent avec la pureté du coeur,

    les verront peut-être sous différentes formes ♥

     

    Annemeraude


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